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- Kinshasa - A congolese's life
© Elodie Chrisment
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Yoko Masiala, né Rigobert quitte sa famille et sa vie à Kinshasa à l'âge de 16 pour la France. Après une succession de petits boulots au travers de l'Europe, c'est à Londres qu'il rencontre un musicien qui l'emmènera en Autriche, pays dans lequel il vit aujourd'hui en tant que chanteur d'un groupe de Reggae. Il monte l'association Tears from Africa qu'il finance avec les recettes de ces tournées en Europe. Il entreprend plusieurs voyages en camion au travers de l' Afrique noire pour distribuer du matériel, des vivres, ce qui l'amènera à croiser la route de CULPAC, ONG belge. Cette collaboration lui permet aujourd'hui de financer des associations motrices au développement de Kinshasa : Mamans maraichères, orphelinat, hôpital, etc.

En avril 2014, 30 années ont passées, il rentre au pays après une longue absence.
La première rencontre ne sera pas celle de la famille mais celle de Papa Armand, leader de l'Eglise Kimbanguiste dans le quartier de Ngiri Ngiri. La grâce de celui qui le connait depuis son plus jeune âge et qui l'a bénit lors de son grand départ est primordiale pour toute sa famille et le bon déroulement de son voyage éclaire à Kinshasa.
Même si les retrouvailles sont chaleureuses avec son père et la famille de sa belle-mère, on a la joie et le chagrin pudiques chez les Masiala. On découvre de nouveaux visages sur lesquels on peut enfin apposer les prénoms tant entendus lors des nombreuses conversations téléphoniques. On apprend la mort d'amis chers. On est confronté aux problèmes de la vie kinoise.

La nuit venue, la ville dépourvue d'éclairage publique est plongée dans le noir. Si certains ont leur propre groupe électrogène, il faut vivre à la lueur des bougies lors des coupures de courant qui sont longues et quotidiennes à Kin la Belle. A Yolo Nord, au milieu de la cour autour de laquelle se partagent les petites chambres décorées des membres Masiala, les conversations à la bougies sont monnaie courante.
On rejoint la famille maternelle à Baoumbo, on y partage les centaines de kilos de cadeaux rapportés par Rigo. Parmi les produits de beauté, vêtements, ordinateurs et téléphones, beaucoup d'entre eux seront revendus dans les ruelles que l'on appelle ici les tunnels. On aborde aussi les sujets qui fâchent... La probable expulsion de sa famille depuis qu'une tante mariée à un colon belge a vendu la maison familiale.

On pense rendre visite aux amis, on rencontre des mères qui à la vue de Rigo s'effondrent pour pleurer la mémoire de leurs fils disparus...


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