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- Pleasure places -
© Elodie Chrisment
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"Je travaille en voiture: 30 euros la pipe, 40 euros l'amour. "

"Je suis ici depuis le mois de Mai 2001. Avant ça marchait bien, très très bien même jusqu'en 2003. C'était de bons clients. On gagnait bien mais maintenant c'est fini. Avec la crise et la loi les hommes ne viennent plus, tu ne gagnes plus rien. C'est la merde. Un bon client me donnait 500 euros pour faire l'amour à l'époque, 200 pour une pipe, pour une simple prestation! Et pas pour te demander de le faire sans capote !

Avant je ne travaillais qu'avec des clients français, des hommes mariés souvent mais à cause de la loi sur le racolage, les clients ont changé. Ils ont peur de la police et ne viennent plus. J'ai perdu beaucoup de clients comme ça. Je travaillais 2 à 3h par jour et maintenant pour me faire 500 euros, je reste 6h. Quand le client négocie les prix à 20 euros la pipe sans capote, les copines y vont. C'est un problème. Elles pensent que si elles ne le font pas, elle ne travaillent pas. Elle ne sont pas patientes. Aujourd'hui, je n'ai fais que 4 clients, je ressemble peut être à un monstre, je ne plais pas au client...
En plus aujourd'hui les clients veulent des trucs terribles, les filles se font lécher la chatte et le font sans capote... Moi je ne travaille pas comme ça, je ne suis pas une salope. Et puis, je tiens à ma santé, j'ai un copain, des enfants. Tu peux attraper une maladie comme la syphilis, l'hépatite, le VIH pour 5 minutes, soit disant de plaisir. Le plastique ca prend quelques secondes, une maladie, c'est toute ta vie.

Avec la future loi plus personne ne viendra. Mes clients me le disent. Ils préfèrent les trucs en appartement maintenant. Je n'en ai pas encore, mais je suis en train de m'organiser. Mais travailler en appartement, ça veut dire passer par internet, et il y a beaucoup d' inconvénients : avoir un site, bien parler en français, la concurrence avec de vraies femmes, belles et jeunes, qui ne sont pas du métier. En plus le client te demande davantage, il reste plus longtemps, et tu es toute seule face à lui, c'est moins sûre. Tu ne peux pas savoir si le client est malade avant qu'il arrive. Ici dans le bois, tu peux le regarder et te dire ; "celui là, non, il ne me plait pas". C'est plus facile et rapide : le client te voit, tu lui plais et on y va, en tente ou en camion.

Vraiment le travail n'est plus ce qu'il était, ça régresse. Mais demain sera un jour meilleur, c'est pas grave!" / C. /


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